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Qu’est-ce qu’un test psychotechnique ?

Un test psychotechnique est un élément standardisé, appliqué à une personne ou à un groupe, qui permet de mesurer diverses capacités intellectuelles. Présenté sous une forme relativement ludique et regroupant toute une panoplie d’exercices, un test psychotechnique est destiné à évaluer à la fois les capacités intellectuelles d’un candidat et la forme d’intelligence dont il fait preuve (numérique, verbale, spatiale, etc.).

Les aptitudes évaluées par les tests se réfèrent toutes à des théories générales sur l’intelligence. D’une manière commune, on considère que les compétences intellectuelles s’apprécient selon cinq axes pertinents :

L’intelligence cristallisée, relative à la connaissance, de la pratique scolaire, des habitudes, de l’expérience et à la maitrise des systèmes de signes et de langage, verbal et numérique. C’est une intelligence très culturelle.

Réaliser des multiplications, orthographier correctement un mot, citer la capitale d’un pays, donner la date d’un événement historique, analyser un rapport écrit, comprendre des instructions de travail relèvent de l’intelligence cristallisée.

L’intelligence fluide, habituellement appelée facteur g, s’exprime à propos d’éléments abstraits, non signifiants et non familiers. Plus simplement, c’est la capacité de penser logiquement et de résoudre des problèmes dans des situations nouvelles, indépendantes des connaissances acquises. Elle conditionne la réussite dans les activités qui impliquent la manipulation de relations complexes. C’est une intelligence indépendante des connaissances culturelles et des acquis scolaires. Les épreuves qui entrent dans la composition de l’intelligence fluide mesurent le raisonnement déductif et analogique, la formation de concepts, la classification symbolique, les relations sémantiques ou géométriques entre des objets, la transférabilité de compétences logiques.

Le raisonnement déductif fonctionne par l'émission d'hypothèses et de déductions ; c'est le mode hypothético-déductif. On l'utilise face à un nouveau problème pour lequel aucune solution « toute prête » n'est disponible. On est alors contraint de considérer tous les éléments du problème (abstraction), d'en déduire une solution et/ou de développer des théories possibles pour trouver une solution.

Le raisonnement analogique est présent  dans la vie de tous les jours lorsque nous devons faire face à des situations nouvelles. Il correspond à la réutilisation adaptée d'une solution déjà utilisée face à un problème présentant des spécificités communes avec celui à résoudre. Il permet la généralisation d’une situation pour pouvoir l’assimiler à une nouvelle situation, proche de la précédente.

L’imagerie mentale, relative à la représentation et à la transformation mentale des objets. C’est la capacité de représenter un espace à deux ou trois dimensions. Le raisonnement visuospatial est fortement corrélé au facteur g (facteur d’intelligence générale). Pour cette raison, cette aptitude est fréquemment mesurée dans les formes les plus difficiles des tests cognitifs.

La flexibilité mentale, c’est-à-dire la capacité de passer rapidement d’un type de raisonnement à un autre, de faire preuve de créativité. Elle peut requérir le désengagement d’une tâche pour se réengager dans une autre.

L’attention et la mémoire de travail. L'attention nous permet de faire le tri parmi les informations pertinentes tout en inhibant les interférences qui pourraient venir perturber le processus du raisonnement. Elle permet également de laisser de côté les solutions automatiques générées par le cerveau, mais qui ne conviendraient pas à la situation en cours. Elle est également fortement sollicitée dans les activités répétitives et ennuyeuses. La mémoire de travail peut être définie comme la capacité à maintenir des informations alors que nous sommes déjà engagés dans une tâche cognitive complexe. Elle nous aide ainsi à garder à l’esprit les éléments-clés du problème afin de les assembler entre eux.

Tout test psychotechnique mobilisera toujours plus ou moins, à des degrés divers, ces cinq axes.

Un test est « un dispositif d’observation des individus qui présente quatre propriétés :

  • Standardisation
  • Référence à un groupe
  • Fidélité
  • Validité

Standardisation

Les modalités de passation du test (matériel, consignes, durée, aides éventuelles, etc.) et de notation (conditions d’attribution des points, barèmes, modalités de calcul des scores) doivent impérativement être les mêmes pour tous afin que les mesures soient valides.

Il convient donc de placer tous les sujets dans la même situation et plus exactement dans celle où se trouvaient les sujets de l’échantillon d’étalonnage, afin que  la standardisation soit assurée. Il est alors possible de se référer à l’étalonnage pour situer le niveau de performance du sujet.

C’est cette standardisation qui permet la comparabilité des résultats. Si l’un des éléments de standardisation n’est pas respecté, comme une durée différente du test ou un nombre moindre d’items,  il n’est plus possible de se reporter à l’étalonnage, la situation d’évaluation étant en effet différente.

Référence à un groupe et étalonnage

Le groupe de référence est un groupe de sujets qui présentent les mêmes caractéristiques que le sujet examiné (âge, sexe, diplôme, formation, etc.) et qui a été confronté au même test. L’ensemble des scores obtenus par ce groupe de sujets va permettre de situer les performances d’un sujet examiné dans ce groupe de référence.

Si, sur un test comportant 100 questions, un sujet répond correctement à 60 questions (soit une note brute de 60 points si 1 point est attribué par réponse juste), comment doit-on interpréter la performance de celui-ci ? Il est impossible d’évaluer ce score de 60 points, a priori relativement moyen, si l’on ne connait pas le niveau de réussite d’autres sujets (sujets comparables au sujet examiné) qui ont été confrontés à la même épreuve, et ce dans les mêmes conditions. Ce n’est qu’en comparant ce score brut de 60 (sans grande signification pris isolément) à ceux de l’étalonnage que l’on peut savoir s’il se situe au-dessous ou au-dessus de la moyenne du groupe de référence.

Si par exemple l’étalonnage utilisé indique que seulement 8 % des sujets obtiennent un score égal ou supérieur à 60 points, ce score de 60 reflète alors un très bon niveau de performance du sujet examiné.

L’étalonnage permet donc de transformer une note brute en note étalonnée, et ainsi de positionner précisément la performance du sujet au regard de celle d’un groupe de référence.

Fidélité

Le concept de fidélité implique que si les mêmes personnes effectuent le même test et ce dans les mêmes conditions, alors les résultats doivent être similaires. Il y a deux types de fidélité, la fidélité homogène, qui doit montrer que le test est fidèle à lui-même, et la fidélité constante : le candidat doit obtenir les mêmes résultats en repassant le test à quelques mois d'écart. Il y a des limites à ce facteur. En effet, si le temps est trop court entre deux passages de test, la mémoire joue un rôle important puisque le candidat se souvient des réponses. Mais si, a contrario, le temps est trop long, les capacités des candidats évoluant, les résultats des tests seront faussés et ne seront donc plus similaires.

Validité

La validité correspond à ce qui est mesuré par le test. Par exemple, les tests de QI évaluent tous l’intelligence. Il y a plusieurs validités. La validité de construction, qui permet de voir si le test mesure bien ce qu'il est censé mesurer. La validité du contenu, qui permet de se rendre compte si le test recouvre bien tous les aspects à mesurer. La validité prédictive, qui permet un pronostic professionnel du candidat. On mesure la pertinence du test.

Ce n’est qu’après avoir validé tous ces critères qu’un test est considéré comme fiable et qu’il permet d'analyser des candidats, de les différencier très finement et d'être constant dans les appréciations.